Interview

Georges Pascal, lauréat des grands débatteurs: « Je veux surprendre… »

Intelligent et travailleur, Georges Pascal Millimono est aussi remarqué par son calme. A 22 ans, alors étudiant en Journalisme à l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication (ISIC) de Kountia (République de Guinée), il représente, avec 5 de ses coéquipiers, son Institut au premiers concours ‘’les grands débateurs Sonoco Challenge’’. Une compétition de grand public qui a regroupé les meilleures universités guinéennes autour des débats d’idées. Là, chacune devrait s’en sortir grâce à l’éloquence et surtout à la pertinence des arguments que défendent ses candidats autour d’une thématique devant un Jury. Georges s’en est sorti meilleur débateur et a bénéficié d’une bourse d’étude au Maroc. Dans cet entretien exclusif qu’il a accordé à la rédaction du témoin, Georges nous parle de son aventure au Maroc où il mène actuellement sa vie d’apprentissage et surtout professionnelle. Bonne lecture !

Au Maroc, racontez-nous votre aventure
Depuis novembre 2016 je suis au Maroc. De Casablanca je suis arrivé à Fès, la ville où devrais-je passer mes deux années de master à l’Université Intercontinentale Libre Sup ’management. Comme tous nouveaux étudiants mes premières semaines ont été difficiles à vivre bien qu’étant dans les meilleures conditions. J’ai eu du mal à m’adapter au climat et aussi le « Darija » dialecte parlé par les marocains mais les compatriotes guinéens et ami.es de l’église m’ont beaucoup aidé à m’intégrer et ce, de façon rapide.

Quels sont vos acquis en termes d’études depuis votre arrivé au Royaume Chérifien ?
Grâce à mes études au Maroc, je suis aujourd’hui titulaire de deux diplômes de masters. Un en management des ressources humaines et l’autre en ingénierie commerciale. J’ai un minimum d’expériences professionnelles dans tous les deux domaines.

L’école guinéenne et celle marocaine peut-on tenter une comparaison?

Je suis arrivé au Maroc avec un niveau non négligeable et cet acquis je le dois à l’école guinéenne. Le comparatif que je peux faire de la formation en Guinée et celle au Maroc réside dans un premier temps dans le distinguo entres les formateurs. Au Maroc un formateur de l’Enseignement Supérieur a forcément son doctorat. Que ce soit dans le domaine qu’il enseigne ou un domaine qui voisine le cours qu’il donne. L’autre différence c’est l’accès aux technologies de formations. Grâce au Wi-Fi dans les écoles et l’accès aux catalogues de documents rares dans les bibliothèques virtuelles, la formation devient facile et enrichissante. Cela ne remplace pas la noble importance des bibliothèques physiques. Le bon ingrédient aussi de la formation au Maroc c’est la mise en application dans le domaine de formation. Les cours évoluent toujours sur les volets théoriques et pratiques.

La Guinée peut-elle envier au Maroc en termes de formation ?
La Guinée peut envier le Maroc en termes de formation notamment sur le plan des infrastructures et aussi de la technologie. Par contre au niveau des ressources humaines je trouve un léger équilibre de force. Par ailleurs, la Guinée peut améliorer son système éducatif en misant non seulement sur la formation continue de ses formateurs mais en injectant un fort budget dans la construction des infrastructures de formation.

Vous animez l’émission ‘’Afro talent’’ pour INNOVIMAGES, comment en êtes-vous arrivé ?
AFRO TALENT MAROC, c’est l’émission que j’anime depuis juin 2017 avec une fréquence hebdomadaire au compte d’INNOVIMAGES, une agence de communication qui livre des services dans la conception graphique et la réalisation des vidéos clips, vidéos institutionnelles, films (courts, moyens, long métrages) orientés vers les besoins des populations marocaines et subsahariennes. Je me suis retrouvé dans cette boîte grâce à ma collaboration avec le gérant Emmanuel BEGOTO GONDJE, centrafricain avec qui j’ai travaillé sur un projet de télé estudiantin qui malheureusement n’a pas pu se concrétiser alors…J’arrive donc à présenter cette émission grâce à ma formation de base en journalisme audio-visuel reçue à l’ISIC de Kountia.

Georges Pascal Millimouno en émission

Menez-vous d’autres activités parallèlement au plateau d’Afro talent ?

Oui, je mène autre activité hors studio. Je travaille comme commercial à WEBHELP Fès, une multinationale française délocalisée au Maroc. Ce n’est pas évident de concilier ces deux obligations professionnelles mais j’y arrive au prix d’un sacrifice. Travailler le week-end.

Quels projets pour la Guinée ?

Oh ! Pour l’heure je n’ai pas de projets proprement dits. En attendant je prête mon savoir-faire à mes frères et sœurs guinéens qui le sollicitent.

Meilleur Débateur du concours ‘’Grands Débatteur SONOCO CHALLENGE, comment avez-vous vécu ces moments ?
(Soupire) Le concours GRANDS DEBATTEURS a été une belle aventure. Devenir meilleur débatteur de cette compétition a été jusqu’ici l’un des meilleurs moments de ma vie. Je l’ai vécu avec beaucoup d’émotions. C’est encore l’occasion de remercier au passage mes coéquipiers de l’Isic. Sans leurs contributions ce prix ne me serait pas attribué.

Votre parcours inspire beaucoup de jeunes qui veulent suivre vos pas. Quels conseils à l’endroit de ceux-ci ?
C’est encourageant de savoir que son parcours inspire d’autres personnes, les jeunes notamment. Les quelques conseils que je vais leur prodiguer sont fruits de mes petites expériences. Quel que soit ce que vous faîtes comme formation, faîtes de la lecture, votre passe-temps favoris. Lisez tout ce qui tombe dans vos mains. J’ai une pensée positive : ‘’J’aime apprendre de tout’’. Faîtes un pas chaque jour vers la réalisation de vos priorités. Une dernière chose : vivez l’adulte tout en valorisant l’autre. Vivre l’adulte c’est ne pas attendre que l’autre m’applaudisse pour réaliser que je fais mon travail. Mais valoriser l’autre est aussi une vertu d’humilité qu’il faut cultiver car dit-on, ‘’l’humilité est le fort des grands hommes. Je veux être un grand homme (sourire). Toi qui me lis aussi, j’espère.
Que peut à apporter la jeunesse guinéenne pour le développement leur pays ?
La jeunesse guinéenne peut beaucoup apporter à la Guinée. Qu’elle soit interne ou à l’étranger. Mais elle doit à priori se faire confiance et incarner charisme et leadership pour se faire respecter. Le http://www.letemoin.info est une illustration parfaite des compétences de l’étudiant guinéen formé en Guinée. Comme pour dire qu’il ne suffit pas de migrer à l’étranger pour être bien formé. Bien étudier c’est d’abord le vouloir et ensuite se donner les moyens pour le but.

Quels messages à l’endroit des jeunes jeunes qui vous lisent ?
Comme messages aux jeunes qui vont me lire : ‘’ On peut vouloir faire comme quelqu’un mais jamais on ne fera comme cette personne. Jeunes, aimez-vous, croyez en vous et battez-vous pour ne pas être déterminé par quelqu’un d’autre. C’est le pire esclavage qui puisse exister. Chacun a un génie qu’il doit chercher à connaitre, à valoriser et à développer pour être un apport à cette société’’

De gauche à droite, l’invité, le réalisateur et le présentateur après le tournage de l’émission Afro talent

Quelles sont vos futures ambitions ?
Ambition ! (soupire) à court terme, c’est gagner plus d’expériences professionnelles dans mes domaines de formations. Et à long terme c’est surprendre tout le monde, voilà pourquoi je ne veux pas m’appuyer sur cette dernière (rire).

Etes-vous prêt pour rentrer au bercail à l’instant ?
(Rire) A l’instant je dirais non pour nobles raisons…mais une chose est sûre, la finalité de mon parcours est d’être rentable pour mon pays un jour.

Merci d’avoir répondu à nos questions, Monsieur Millimono.
Merci Le témoin de me porter votre attention. Je vous souhaite bonne continuation !

Entretien réalisé par Ousmane Bangoura

1 Comment

1 Comment

  1. Ernest lébénan sagno

    11 janvier 2019 at 7 h 15 min

    Merci grand frère pour les conseils. Je suis de coeur avec toi

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